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nouvelles de mon placard.

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Zauriel
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GémeauxDragon
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MessageSujet: nouvelles de mon placard.   Ven 3 Aoû - 23:05

tout est dans le titre du topic.



Remember lady in red.

Ce ne fut que des notes sur un piano poussiéreux, dans un coin de la pièce sombre et froide. Il pleuvait, dehors, et mon costume était trempé. J'avais passé plusieurs heures dehors, à errer, après avoir quitté la fête. Je levais le pouce, mais ne recevais comme réponse que des coups de klaxons intrigués et des projections d'eau. Harassé, le revolver battant contre mes côtes, je m'arrête devant la porte de mon immeuble, cherchant les clefs dans mes poches où se mélangeaient quelques stylos, trois calepins et un paquet de cigarrettes à moitié consommé. Je n'entends pas mon agresseur se faufiler derrière moi. Tout ce que j'entends, c'est la pluie qui tape sur le sol. C'est au moment où je mis la clef dans la serrure que je sentis un parfum qui ne m'était pas inconnu. Des roses qui s'élevaient d'un corps que je ne connaissais que trop bien. Emu, je ne me retournai pas. Le coup de matraque sur la nuque ne me fit pas mal. Je l'attendais presque, avec un soulagement mêlé de honte.
Je me réveillai, toujours aussi trempé. Mes cheveux mouillés et humides collaient à mon crâne. On m'avait enlevé les lunettes. Je n'en eus pas besoin pour voir ce qui se passait autour de moi. Attaché à une chaise à la taille, aux poignets et aux chevilles, je faisais figure d'un de ces anciens espions passés à tabac, lors des différentes crises de la Guerre Froide. Mais on ne m'avait pas frappé. Et mon géôlier, que je savais être le plus dangereux de tous, était aussi le plus charmant. Je distinguai, à quelques mètres de moi, ce piano. Le piano sur laquelle elle avait l'habitude de jouer, lorsque nous rentrions tard, ensemble, de quelques soirées entre amis. Bien que je ne puisse expliquer comment, je savais qu'il s'agissait du même piano. Le coin de la pièce où on l'avait posé était plongé dans l'ombre. Je ne pouvais distinguer que sa fine silhouette couverte de cette robe rouge et flamboyante, celle avec le dos nu et aux fines bretelles. Elle jouait la nocturne de Chopin. Celle que j'adorais, depuis que j'avais vu un film émouvant, avec Tom Hanks ou Jim Carrey dans le rôle titre. Ses doigts caressaient les notes avec une lenteur inquiétante, subtile et sulfureuse. Des larmes me coulaient sur les joues, à l'entendre ainsi jouer. Elle se leva. La robe eut un bruissement, à frotter contre sa chaise. Les cheveux relevés, maquillée, elle semblait sortir d'une soirée mondaine, où l'on ne parle que de lieux communs. Mon revolver était posé sur la table, à côté d'un verre de bourbon qu'elle s'était servie. Elle n'avait rien perdu de ses habitudes de femme du monde. Elle me regardait amusé et désolée à la fois. Me capturer fut un devoir pour elle, mais elle tentait de tirer plaisir de la situation. Après l'émotion de la voir ainsi, si suûe d'elle, si déterminée, elle que j'avais connu jeune fille au regard timide et au teint rougissant, vint la colère de m'être ainsi fait dupé par la femme que j'avais aimé pendant des années. Je la pensais loin, coulant une existence mystérieuse, après s'être évaporé de ma vie comme un rêve fugitif dont on aimerait se souvenir avec plus de clarté. Je ne lui en voulais pas pour m'avoir ainsi attaché. Le prix sur ma tête pouvait motiver n'importe qui. Ce qui m'ennuyait, c'était qu'elle revienne ainsi sous mes yeux, jouer cet air sur ce piano, dans cette robe que j'avais maints et maints fois déshabillée. N'aurait-elle pas pu simplement me livrer, gardant son identité anonyme, à ceux qui réclamaient ma vie? Au lieu de jouer cette parodie, cette caricature des souvenirs que je chérissais au fond de mon coeur?
" Je te croyais partie."
Je ne savais pas quoi dire d'autre. Ces quatre mots étaient la seule question qui ne me demandaient pas trop d'efforts. Une dizaine de tueurs étaient sur ma trace, dont la moitié était mes anciens collègues, et ça faisait près d'un an que je les balladais. Je ne voulais pas montrer à Audrey à quel point la revoir me trahissait.
"J'ai toujours été avec toi, Clément."
Elle se pencha sur moi et toucha ma poitrine. Mon coeur battait la chamade, sous ma chemise qui collait à ma peau. Elle ferma les yeux et posa ses lèvres sur les miennes. Dieu qu'elles étaient restées douces. Je ne fermai pas les yeux, respirant les roses invisibles de son corps, détaillant chaque trait de ce visage qui n'avait pas changé, malgré le temps qui s'était écoulé. Je me demandai un instant si elle jouait avec moi au chat et à la souris. Puis je m'abandonnai à son étreinte.
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Dernière édition par le Lun 22 Oct - 16:23, édité 1 fois
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Geyser57
Phénix
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 21 Oct - 11:47

C'est très sympa.
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Mythic
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BalanceChèvre
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 21 Oct - 12:25

très sympa aussi même si il y a un petit soucis au niveau des temps, tu passes du récit au présent à un récit au passé et il y a quelques virgules de mal passé mais c'est très bien dans l'ensemble
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J'aurai toujours une méchanceté à vous dire

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M
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BélierCochon
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Inscrit le : 21 Oct 2007
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 21 Oct - 13:01

Mythic a écrit:
même si il y a un petit soucis au niveau des temps, tu passes du récit au présent à un récit au passé et il y a quelques virgules de mal passé mais c'est très bien dans l'ensemble


Je pense pas qu'il faille y voir un problème dans l'absolu, mais plutôt un problème mineur, dans la mesure où ces passages passé/présent, s'ils dénouent avec tout ce qu'on peut apprendre à l'école, servent la rythmique, et apparaissent comme un effet de style... C'est une évolution de la focalisation, qui permet une altération du la dynamique temporelle de la scène... Bref, c'est comme si on se focalisait davantage sur les éléments lors du passage au présent. Par contre en général, mieux vaut marquer ça par un changement de paragraphe.

Le truc, c'est que là, c'est pas toujours bien employé ^^" Le premier paragraphe, ça va, mais au deuxième, il faudrait que l'action se passe au présent, sinon, on a clairement des lourdeurs (surtout que le présent est toujours plus approprié pour un récit à la première personne).

Sinon il y a un souci au niveau de l'identité de l'agresseur... au départ, on a l'impression qu'il assome le mec, puis quand il se réveille, il dit que ce n'est pas le cas, alors qu'on a l'impression que la fille est l'agresseur... Bref, quid de tout ça ? En lisant, on voit bien que c'est elle qui l'a capturé, non ?

Voilà, à part ça, je pense qu'il y a pas mal de fautes d'ortho à corriger, un peu d'entraînement pour harmoniser les temps... Enfin, je dois dire que c'est pas mal du tout ! Very Happy
J'ai pas vu quel âge tu as, mais c'est vraiment pas mal Wink
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Zauriel
Vengeur
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GémeauxDragon
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 21 Oct - 15:21

merci pour ces commentaires
pour info, M, l'âge des forumers est inscrit sous leur avatar.

Nouvelle petite histoire ( je crois t'en avoir parlé, mythic)

La route au milieu de la ville est poussiéreuse. Peut-on vraiment parler d'une ville? EdgeTown ne présente qu'une centaine d'âmes. Mais sur les cartes de l'état major, on marque ville à côté de ce nom. C'est par la route principale que tout transite vers l'Ouest. Hommes, femmes, enfants; vivres, matériel, armes. EdgeTown est un rendez vous pour ceux qui rêvent d'aventure. La route qui traverse la ville est poussiéreuse, à cause des chariots qui passent toutes la journée, qui ramènent sable et saletés de leur périples. Les gens qui la traversent doivent porter leur bandana à la manière des bandits de grands chemins, pour éviter de s'étouffer. Mais voilà qu'un étrange attelage s'arrête devant le saloon du Lucky Star. Les chevaux sont noirs comme le jais, leur crinière blanche comme la neige. Ils sont pleins de sueurs, comme si le cocher leur avait fait traverser le désert au pas de course, sans interruption. Mais il n'y a pas de cocher. La calèche est construite dans un bois à moitié dévoré par les vers. Des termites y ont logés un temps, d'après les trous qui effleurent la surface. La porte de la calèche s'ouvre en un grincement interminable. Une botte se profile sur la marche. Elle est noire, en cuir, sanglée. immense. La deuxième botte se pose sur le sol. L'homme se retourne pour fermer la porte de la calèche. Les quidams qui traînent dans la rue n'ont pas pu voir ses traits. Ils attendent. La calèche semble tout droit sorti de l'Enfer, et cet étranger, habillé de cuir de la tête aux pieds, au fouet roulé et plaqué sur sa cuisse droite, au revolver énorme qu'il porte à sa ceinture, pourrait bien en être un émissaire. Son arme à feu est noire, elle aussi. Les portes du saloon claquent. Deux hommes en sortent, en se jetant des regards assassins. Ils s'éloignent l'un de l'autre. L'un d'eux bouscule l'étranger. Son visage se vide de toute couleur. Sa respiration s'accélère. Son expression change du tout au tout. Il semble effrayé, incapable de se contrôler. Il se met face à l'autre en claquant des dents. Sa main caresse la crosse de son revolver, avec une précipitation qui traduit une nervosité inattendue. L'autre l'a vu. Un coup de vent les sépare. Les yeux de l'étranger restent cachés derrière les verres teintés de ses lunettes. Ses lèvres esquissent un sourire macabre. Celui qu'il a touché se prend une balle dans l'estomac avant qu'il n'ait eu le temps de dégainer. Ses traits se convulsent. Ses jambes s'arquent. Il tombe dans la poussière. L'étranger s'approche du cadavre. Son assassin est reparti dans le saloon. L'homme en noir se penche sur le corps et porte ses doigts à la blessure mortelle, avant de goûter le sang du défunt. Un cri d'outre-tombe se fait entendre. Une ombre se dégage du cadavre, et tente de s'échapper. Trop tard, l'étranger a prestement délié son fouet et emprisonne l'âme qui voulait vainement trouver le repos. Les passants qui ont assisté à cette scène crient d'effroi. Certains se mettent à courir. Il est trop tard. Le chasseur d'âmes fera son office, ce soir. Il prononce les seules paroles qui sortiront de sa bouche durant son séjour à EdgeTown, ville frontière.
" EdgeTown, un paquet de monde à s'occuper."
Son revolver dans une main, le fouet dans l'autre, il part en chasse.
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BélierCochon
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Localisation : Nowhere

MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 21 Oct - 20:01

Zauriel a écrit:
merci pour ces commentaires
pour info, M, l'âge des forumers est inscrit sous leur avatar.


Yeap, j'ai vu, mais avant de poster, j'ai pas fait gaffe, et quand j'ai posté, bah on voit pas l'âge quand on poste lol

Bref, au moins ça a pas influencé mon jugement :p
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Mythic
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BalanceChèvre
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 21 Oct - 20:46

non, j'ai pas l'impression que tu m'es parlé de celle là.... on a plus parlé de ton gros projet (pas mal au demeurant)

je lui trouve un petit coté "la Tour Sombre" Wink
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Zauriel
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GémeauxDragon
Age : 20
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Lun 22 Oct - 16:19

j'ai repris quelques petites idées de la tour sombre, mais aussi d'une autre livre que je vous conseille à tous, bloodsilver, de wayne borrow. ça raconte l'arrivée des vampires en amérique à la fin du XVII et la fondation d'un étatt paralèlle. j'ai continué un peu mon récit, qui se nomme blood western au passage , et je vais voir ce que je peux en faire.
M, pour le premier récit, je vais éditer les fautes.
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Blue Storm
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BalanceSinge
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Jeu 8 Nov - 16:52

Je ne sais pas combien de temps tu passes à les écrire, mais même si il reste à travailler l'utilisation des temps et à mieux structurer la narration c'est vraiment pas mal du tout.

Les points à améliorer à mon humble avis
- gestion des temps : maitriser dans un récit des alternances est assez complexe : passé ou présent il faut choisir et ensuite seulement voir si certains passages rendent mieux en changeant le temps.
- structure de narration : effectivement, on à peine à croire que l'agresseur du 1 peut ligoter et transporter sa victime tout en gardant sa robe impeccable, bref, si complice il y a il faudrait en dire un tout petit peu plus (ou un tout petit peu moins...)
- dans le second, vu le contexte, j'aurais plutot vu une dilligence qu'une calèche (c'est certes plus convenu, mais la calèche est un petit véhicule (pas immense du tout) et n'est pas appropriée pour les longs trajets or, l'étranger vient de loin non ?
- en outre, certains détails dans tes descriptions m'ont paru un peu "too much" et nuisent à la noirceur de ton récit (à mon avis encore une fois...) j'ai un peu tiqué sur l'insistance sur l'aspect de la calèche (des vers + des termites...) et sur les chevaux noirs à la crinière blanche... tout ca me paraissait un peu trop ... "Beetlejuice" pour le ton de ton récit

A part ces petits détails, je trouve çà vraiment bien (surtout la première)
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Zauriel
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GémeauxDragon
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Sam 5 Jan - 22:20

Un nouveau petit texte que j'ai baptisé "testament"


C’était la fin. Il venait d’en prendre réellement conscience après avoir quitté ses amis. Pour la dernière fois. Ils avaient joué aux cartes toute l’après midi, évoquant des souvenirs chaleureux afin de détendre l’atmosphère. Ils se rappelaient de ceux qu’ils avaient chéris, et de ceux qui étaient partis très loin dans un espoir de survie que tout le monde, eux compris, savait vain.
Il errait dans les rues de Nantes, désertes et saccagées. La promesse d’Armaggedon avait rendu la foule hystérique. Vingt-quatre heures plus tôt, il l’avait vue casser vitrines, voitures, façades. Comme la plupart des gens, il avait été hébété par la nouvelle. Et dans cet état de semi-conscience de son environnement, il les avait ignoré. Tel un fantôme, il avait traversé les avenues sans se préoccuper des feux qui s’allumaient autour de lui. A la manière d’un automate parfaitement huilé et programmé, insensibles aux cris et aux borborygmes de la foule et aux bruits de vitres cassées, il avait disparu dans la nuit pour retrouver son appartement, par miracle, dans le même état qu’il l’avait laissé il y avait à peine quelques heures. Sa vision se brouilla. Il s’affala sur un canapé devant la télévision qui retransmettait en boucle les images de la menace à laquelle personne ne réchapperait. Le météore que l’on avait pu voir dans des centaines de films de genre se présageait

Il ne savait plus trop que faire. Il n’avait pas bu une seule goutte d’alcool depuis trois jours. N’avait pas touché un seul joint depuis près de trente six heures. Mais il avait l’impression d’être totalement saoul. Il venait de quitter les meilleurs potes qu’il pouvait avoir. Il ne voulait pas les voir partir en fumée. Non, c’était faux. Il ne voulait pas qu’ils le voient au pire de sa forme. Dans un cynisme à son apogée, brillant d’un vernis d’orgueil limité, il leur avait dit adieu. En leur présence, malgré leur démonstration de tendresse, ses yeux demeurèrent secs. Mais après quelques pas dans la rue, il s’était assis sur le bitume et avait éclaté en sanglots. Il n’avait su que leur dire. Sa crise de larmes terminée, il s’en était allé, au hasard des rues, quand il entendit un coup de klaxon. Terrorisé sans savoir pourquoi, il se plaqua au mur. On claqua une portière.
« C’est toi ? »
Il se remit à respirer, la voix lui étant familière. Il dévisagea son frère. Son teint livide, ses yeux injectés de sang, sa barbe de trois jours. Tout cela ne lui ressemblait pas et trahissait un manque de fatigue flagrant. Mais comment dormir dans de telles conditions ? Choqué par cette apparition quasi spectrale, il resta immobile. Son frère s’approcha encore.
« Je suis venu te chercher. »
Il secoua la tête avec une détermination terrible. Il ne voulait pas rentrer. Il ne voulait pas les voir. Non, ça aussi c’était faux. Il ne voulait pas que son souvenir dans leurs mémoires, si elles persistaient après la catastrophe, soit celui d’un gosse au bord de la crise de nerfs. Il prit son frère dans ses bras et le serra profondément contre lui. Puis il se détacha de leur étreinte. Il venait d’avoir une illumination. Il sut, à ce moment précis, ce qu’il devait faire. Les mains sur les épaules de son frère, il lui sourit.
« Je ne viens pas. Retourne auprès de ta femme ».
Son frère détourna le regard.
« Et je dis quoi aux parents ?
- Dis leur que j’avais à faire. »

Ils furent tous les deux pris d’un fou rire qui dura une paire de minutes. Son frère remonta en voiture. Après avoir démarré, il baissa sa vitre et tendit la main. Leur poignée de main fut brève.
« Tu vas me manquer, firent-ils à l’unisson. »

Il suivit la voiture de yeux. Tous ses souvenirs passés avec le conducteur défilèrent à pleine vitesse dans sa tête. Puis il se rappela de ce qu’il voulait faire. Il se mit à courir. La nuit tombait. Alors que les carrefours se succédaient, alors qu’il traversait les avenues, des doutes émergèrent. Etait-elle encore là ? N’avait-elle pas quitter elle aussi l’hémisphère Nord dans un fol espoir de revoir le soleil se lever une nouvelle fois ? Il fit taire ces questions. Il pénétra dans le lotissement et s’arrêta devant la troisième maison à droite, maison identique à toutes les autres. Il se précipita sur le seuil et appuya frénétiquement sur la sonnette. Les secondes étaient des heures. Il désespérait de voir la porte s’ouvrir quand il entendit la clef tourner dans la serrure. Il était encore essoufflé. L’interrogation se peignit sur le visage de la jeune femme qui lui ouvrit.
« Mais qu’est ce que tu fais encore là ? »
Il prit son visage entre ses mains et pensa à toutes les fois où il aurait dû lui dire ce qu’il ressentait pour elle. Il repensa à une ballade nocturne et pluvieuse. Il s’était perdu dans son regard. Distrait par son intensité, il avait failli laisser le parapluie s’échapper. Il l’enlaça et l’embrassa longuement. Baiser qu’elle lui rendit avec tendresse.

Elle s’était endormie peu de temps après leur étreinte. Ses cheveux dorés étaient des rayons de soleil sur le ciel bleu de son oreiller. Elle était si paisible. Jamais elle n’avait été aussi belle. Quand il la regardait ainsi, il avait l’impression de découvrir le monde sous un nouvel angle. Plus léger. Plus simple. Avec elle, son cynisme s’évaporait. Il s’assit sur le lit, se pencha et l’embrassa pour la dernière fois. Elle gémit dans son sommeil et se tourna sur le côté. Il se rhabilla et quitta la maison.

Le ciel était écarlate. Mais il s’en fichait. Impact dans trente secondes. Il s’arrêta au milieu d’un pont. Impact dans vingt secondes. Il s’alluma une cigarette. Impact dans dix secondes. Il se rappela de son rire, de son regard. Impact dans cinq secondes. Elle lui avait donné envie de devenir quelqu’un de meilleur. Impact. Il tourna la tête, vers l’ouest. Sa cigarette tomba dans le fleuve. Son cœur battit encore une fois, pour elle. Puis, il fut consumé, avec comme dernière image son visage souriant, comme une photo polaroid.
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Ben Wawe
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VerseauChat
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 6 Jan - 0:40

J'aime, comme généralement tout ce que tu fais. Bravo.
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Zauriel
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GémeauxDragon
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MessageSujet: Re: nouvelles de mon placard.   Dim 6 Jan - 1:45

merci ben
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nouvelles de mon placard.

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